13 - Étude Généalogique : 1450-1650 : Les Seigneurs de Langlet, Au Dézert

5c) Jacques

Ecuyer, seigneur de Langlet (181). Fils cadet de Tristan Fortescu et de demoiselle Jacquemine Le Carpentier. Il épousa demoiselle Jacqueline Le Coq. Il mourut avant le 15 juin 1521. A cette date, sa veuve était tutrice de leurs enfants mineurs (182). Ils eurent deux fils :
- Richard, l'aîné (suit en 6a).
- Pierre, auteur du rameau des Langlet de St-André-de-Bohon (suivra en 6b).


6a) Richard

Ecuyer, seigneur de Langlet, dès 1521. Il épousa Martine Voydie (183). Paris cite l'acquit du mariage le 4 juin 1556 (181). De ce mariage sont issus :
- Jacques (suit en 7a).
- Jeanne, qui épousa sans doute Jean des Faveries, en 1597 (184). Le 22 décembre 1594, son frère lui reconnaissait une dot de 220 livres tournois (185). Richard Fortescu mourut avant 1594.


7a) Jacques

Ecuyer, seigneur de Langlet, demeurant au Dézert. Il rendit aveu du fief de Langlet le 5 juin 1575 (181). Il obtenait mainlevée du commissaire des francs-fiefs le 5 mai 1576 (181). Il épousa en premières noces demoiselle Jeanne Clérel de Rampan, fille de Michel Clérel, écuyer, seigneur de Rampan et de Lignerolles, et de demoiselle Louise Le Roy d'Amigny (186). Leur contrat de mariage fut reconnu le 15 août 1581, devant Planchon et La Rose, tabellions à St-Lô (186). Il en eut :

- Guillaume (suivra en 8a).

- Jeanne, qui épousa par contrat du 8 juillet 1606, Jean du Mesnil, écuyer, fils de Jacques de la paroisse du Mesnil-Angot (187).

- Anne, qui épousa Mathieu Le Conte, de la paroisse de Montmartin (en-Graignes), avocat au Grand Conseil; dont un fils nommé Michel Basile Le Conte, sieur de Maubec, qui épousa par contrat daté de 1647, demoiselle Anne de Montfiquet, fille de Gilles de Montfiquet, écuyer, seigneur de Blagny et de demoiselle Jacqueline Clérel (188). Anne de Fortescu mourut le 24 octobre 1675 au Mesnil-Véneron (189).

- Jacques, dont on ne sait rien.

- Judith, que E. Lepingard dit à tort fille de la seconde épouse de Jacques Fortescu. Elle épousa Me Philippe Renouf, sieur de la Monnoye, monnayer en la monnaie de St-Lô, licencié aux lois, avocat à St-Lô, sénéchal de l'honneur et baronnie du Hommet et châtellenie de la Rivière, fils de Me Jean Renouf, avocat au Parlement de Rouen (190). Ce Renouf était de la religion réformée. Elle épousa en secondes noces, Me Pierre Capelle, avocat à St-Lô. E. Lepingard les fait se marier en 1628, au Mesnil-Angot. Il fait encore erreur, à moins que Jacques Fortescu n'ait eu deux filles prénommées Judith. Le 8 janvier 1668 (191), Pierre Capelle vendait le petit pré de la Chaussée, d'une contenance de trois vergées, à Michel Saint, monnayer en la monnaie de St-Lô.

En secondes noces, Jacques Fortescu épousa en 1604, demoiselle Madeleine de Cabazac (192), veuve de Charles de Montfiquet, écuyer, de la paroisse de Montmartin-en-Graignes. Ils eurent :
- Françoise, épouse en 1630, au Mesnil-Angot, de Gilles Basire (193).



8a) Guillaume

Ecuyer, seigneur de Langlet, demeurant au Dézert. Unique héritier de son père. Il épousa en premières noces, demoiselle Rachel de Fortescu, fille de François de Fortescu, du rameau des seigneurs de la Vieille Court (194). Ils laissèrent :
- Jacques (suivra en 9a).
- François, né en 1626 au Mesnil-Angot.

Guillaume de Fortescu épousa en secondes noces, demoiselle Claude Le Mouton (195); dont il eut :
- Marc-Antoine (suivra en 9b).
- Pierre.

Guillaume de Fortescu mourut le 14 janvier 1639, au Mesnil-Angot (196).



9a) Jacques

Ecuyer, sieur de Langlet. Né en 1619, au Mesnil-Angot. Le 22 décembre 1640, il échangea le fief de Langlet avec Hervé Le Roy, écuyer, seigneur de Daye, contre des terres en roture situées à St-Pierre-d'Arthenay. Ce dernier lui constitua 700 livres de rente hypothèque en huit parties (197), Jacques se prétendant lésé par cet échange. Il quitta peu après le Dézert, pour le Plessis-Grimoult (dans le Calvados), où Chamillart le trouva noble en 1666. Il mourut avant 1675. Ses frères eurent leurs parts des 700 livres de rente. D'un mariage inconnu, il laissa sans doute un fils :
* Charles
Ecuyer, sieur de Fortescu. Il demeurait à Danvou (Calvados). Le 23 février 1674, il vendait à Jean Esse, bourgeois de St-Lô, une des huit rentes cédées à son père par le seigneur de Daye, comme prix du fief de Langlet (198). E. Lepingard le confond avec Charles de Fortescu, fils Michel, de la paroisse du Dézert, qui devint curieusement seigneur de Langlet.



9b) Marc-Antoine

Né vers 1634; Egalement expatrié, il demeurait à Mestry (Calvados), où Chamillart le trouva noble en 1666. Il épousa demoiselle Suzanne Le Pégot, alias Le Bigot, en 1664. Le 28 octobre 1661, il recevait de noble dame Françoise de Palme, veuve de Hervé Le Roy, seigneur de Daye et de Langlet, l'amortissement d'une rente hypothécaire de 60 livres, que lui avait transportée Jacques de Fortescu, par contrat du 7 septembre 1656 (198). Le 29 janvier 1675, il poursuivait devant le bailliage de Carentan, demoiselle Marie Bourdon, veuve d'Antoine de Montfiquet, son débiteur (199). Les descendants de Marc-Antoine de Fortescu résidèrent à Mestry, puisqu'ils sont encore mentionnés au début du XIXe siècle : ainsi, noble demoiselle Françoise Jehanne de Fortescu épousait Michel Arnould de Braque, dont une alliance Braque/Cussy à Mestry (200).




6b) Pierre

Ecuyer, sieur de Langlet. Fils cadet de Jacques Fortescu, écuyer, sieur de Langlet et de demoiselle Jacqueline Le Coq. Il demeurait à St-André-de-Bohon. Il épousa Jacqueline Vaultier (201). Leur alliance est mentionnée dans un contrat du 9 septembre 1577 (201). Il fut témoin dans un acte de reconnaissance du contrat de mariage de Jehan Charles et Guillemine de la Rue, de la paroisse du Dézert (202). Il eut un fils :
- Pierre (suivra en 7b).

Les deux fils de Jacques Fortescu, écuyer, sieur de Langlet, et leurs descendants respectifs, portèrent concuremment le titre de seigneur de Langlet. Peut-être y eut-il partage du fief à la mort de Jacques. En tout état de cause, Pierre et ses descendants habitèrent à St-André-de-Bohon, alors que la terre et seigneurie de Langlet était située dans la paroisse du Dézert. Il n'y a pas trace de procès entre les deux branches.

 


7b) Pierre

Ecuyer, sieur de Langlet. Maintenu noble par Roissy en 1598, pour avoir justifié avec son cousin germain Jacques (203). Il épousa Anne Henry, par contrat de mariage du 11 août 1593 (201). D'après E. Lepingard, il aurait épousé une demoiselle Lenfant (204). Le journal du domaine de Carentan mentionne en 1705, "les hoirs Pierre Fortescu-Lenfant, écuier; à présent le sieur de Grainville" (205). De son mariage avec Anne Henry, sont nés plusieurs enfants :
- Antoine, l'aîné (suivra en 8b).
- Jean, mort jeune.
- Jacques (suivra en 8c).
- Françoise, baptisée le 31 mars 1602 à St-André-de-Bohon (206).

Pierre Fortescu mourut le 21 mars 1615 à St-André-de-Bohon.

 


8b) Antoine

Ecuyer, sieur de Langlet. Il épousa demoiselle Françoise Le Jollis, dont il eut quatre filles :
- Jeanne, peut-être la fille aînée, marraine le 6 janvier 1634 à St-André-de-Bohon. Elle épousa Pierre Allez (alias Allais), sieur de Bellemare, dont elle était veuve en 1685. Elle tenait des terres de la fiefferme de Bohon (207).
- Marie, baptisée le 30 mars 1622, à St-André-de-Bohon (208).
- Françoise, "fille et héritière en sa partie dudit Antoine". Elle épousa en 1651 (209), François Mahieu, écuyer, sieur de Maretot, avocat à Carentan, né vers 1626 et demeurant à St-Georges-de-Bohon (210). En 1679, elle était civilement séparée de biens avec son mari. Le 5 octobre 1679, elle vendait à Henry de Bray, écuyer, sieur de Hautquesney, des terres situées à St-Georges et à St-André-de-Bohon (211).
- Madeleine, baptisée le 3O novembre 1630, à St-André-de-Bohon (208).

Le 27 avril 1615, Antoine de Fortescu était nommé tuteur de ses frères et soeurs (212). Par une sentence du 17 janvier 1623, le bailliage de Carentan jugea à l'encontre de Pierre de Bray, écuyer, et du curé de St-André-de-Bohon, qu'Antoine de Fortescu et sa femme, comme étant les plus âgés, "jouiraient des honneurs" dans l'église (213). Le 17 juillet 1623, Antoine devait dix boisseaux de pommes ou 7 livres 10 sols de dîme à son curé (214).

En 1626 et en 1643, il participa comme chevalier à la chevauchée du "Mennelu", à cause de la minorité de son neveu.
A l'origine, le "Mennelu" était le nom du cens dû au seigneur. Cette chevauchée consistait en une tournée d'inspection en vue de constater et de réprimer les usurpations commises sur les chemins publics. Elle était invariablement fixée au 2e et 3e jour d'août de chaque année, et suivait toujours le même itinéraire.


Cette pratique locale de droit féodal avait pour but de recueillir les rentes censives. La perception du "Mennelu" se faisait dans une chevauchée composée du seigneur et de chevaliers, aînés de certaines vavassories. Les officiers de justice seigneuriale y prenaient part (216).
Antoine de Fortescu prit part à cette chevauchée une 3e fois en 1673 et 1674, comme procureur et représentant de Monseigneur le comte de Croisy (un d'Harcourt) (217).

Par contrat passé sous seing privé le 10 octobre 1627 (218), Pierre Richier, fils Jean, de St-André-de-Bohon, lui vendait une terre située "au port de Bouhon", pour la somme de 15 livres tournois de principal. Par un autre contrat passé sous seing privé le 21 octobre 1627 (218), Guillaume Jean, de St-André-de-Bohon, lui vendait une terre située également "au port de Bouhon", pour la somme de 10 livres tournois de principal.

Le 4 septembre 1640, il était présent dans un acte d'arpentement et d'estimation des marais de Bouhon (219).
Le 2 août 1646, Antoine de Fortescu et Pierre de Bray, écuyer, sieur de Hautquesney, furent condamnés chacun à dix sols d'amende, faute d'avoir réparé un chemin bordant leurs terres, à St-André-de-Bohon (220).
Il mourut avant 1680. Avec lui s'éteignit son titre sieurial.

Il n'était mentionné ni dans le rôle de la noblesse du Cotentin en 1640, ni dans Chamillart, en 1666. On peut l' attribuer au fait qu'il était fermier au greffe de Carentan, lors de la recherche de d'Aligre. Cette dérogeance et l'insuffisance de preuves de noblesse, sont sans doute à l'origine de l'extinction de cette branche des sieurs de Langlet.

 


8c) Jacques

Ecuyer, sieur de la Prairie. Il épousa en premières noces demoiselle Geneviève Muldrac, soeur de Robert Muldrac, écuyer, sieur de Haultmesnil, demeurant à Carentan, et de Françoise Muldrac, dont la fille, Marie Blondel, épousa Me Michel Osber (221). Il en eut :
- Robert, l'aîné (suivra en 9c).
- Pierre, auteur de la branche des bourgeois de Carentan (suivra en 9d).

De son second mariage avec demoiselle Madeleine Le Jollis, Jacques de Fortescu eut un fils :
- Antoine (suivra en 9e).

 


9c) Robert

Ecuyer, sieur de la Prairie. Il épousa le 25 mai 1660, demoiselle Françoise Boissel, fille de Me François Boissel, avocat à Carentan ? (222). Elle était veuve de Me Gervais Langeard, sieur du Roncerey, qu'elle avait épousé par contrat de mariage passé devant les tabellions de Carentan, le 23 septembre 1654. Robert de Fortescu et Françoise Boissel eurent une fille :
- Marie, qui épousa Jean Martine (?) (223).

Le 7 juin 1660, Robert et son frère Pierre vendaient 100 sols tournois de rente hypothèque au bénéfice de la confrérie du St-Rosaire de Carentan (224).
Le 22 juin 1665, il vendait "afin d'héritage" à Me Jean Boissel, sieur de la Guerrie, conseiller assesseur et commissaire examinateur au bailliage de Carentan, diverses rentes :
- 75 livres de rente "en une partie de qualité foncière" , qu'il avait droit de prendre sur les héritiers de feu Me Jean Rouxelin, à cause d'une fieffe d'héritages (Tabellionage de St-Côme-du-Mont : 12 mai 1656).
- 9 livres de rente "en une partie de pareille nature", à prendre sur Nicolas Sevestre, de la paroisse de St-Côme-du-Mont, à cause d'une fieffe d'héritages (Tabellionage de St-Côme-du-Mont : 4 mai 1658).
Le contrat fut fait par le prix et somme de 1680 livres de principal (225).


Le 13 novembre 1665, Nicolas Le Rosty et Louise Michel, sa femme, reconnurent avoir reçu de Me Jean Boissel, sieur de la Guerrie, conseiller assesseur et commissaire examinateur au bailliage de Carentan, pour l'acquit et décharge de Me Robert de Fortescu, la somme de 175 livres, qui était demeurée aux mains de feu Jacques de Fortescu, écuyer, sieur de la Prairie, son père, par contrat de rente fait audit Jacques, le 5 juillet 1628 (226).

Le 15 décembre 1665 (226), François Antoine Boissel, sieur de Monthotot, bourgeois de Carentan, fils de Me François Boissel, avocat, quitta "afin d'héritage" à Robert de Fortescu (227), sieur de la Prairie, diverses rentes, pour un total de 43 livres 8 sous 6 deniers :
- 21 livres 8 sous 6 deniers de rente hypothèque, à prendre sur Me Etienne Servelle, huissier.
- 4 livres d'autre rente à prendre sur ledit Servelle.
- 16 livres de rente en deux parties, à prendre sur les héritiers de Georges Le Paisant, de la paroisse de Sainteny.
- 40 sous de rente à prendre sur ledit Le Paisant.

Robert de Fortescu mourut le 14 décembre 1684 à St-André (228).
Le 5 mai 1687, sa veuve passait un contrat d'amortissement de 17 livres de rente, avec Me Jérôme Yver, sieur de la Croix, devant les notaires de Carentan (229) :

"Je soubz sygné oumarqué fransoysse boysel veuve de Rober de Fortécu, confaisse avoir reseu de maistre Jérôme Yver sieur de la Crouest, la somme de trois centz livres tant en argen quen marchandisse don je luy en promest tenir conte sur le ramortissement quil me preten faire dune partie de ma rente dotal ala decharge de maistre hervé boysel, sieur de Verben faict ce quatre jesme jour doctobre mil six centz quatre vingt six sant que le présent me puise prejuditier a lannée courante et autre demande aquoy je me réserve,

francoise boyssel".




9e) Antoine

Sieur de la Rosière, bourgeois de Carentan. Il épousa honnête fille Claude Jouenne, fille aînée de feu Me Jean Jouenne et de honnête femme Jeanne Le Prévost, bourgeois de Carentan. Le contrat de mariage fut passé le 20 janvier 1665 (230). La future apportait 30 livres de rente raquitable au denier du roi, un don mobil de 200 livres, et des habits :

Un drap de parement, une toilette, quatre habits, un lit garni avec le ciel et rideaux de serge, un coffre de bois chêne, douze draps de lit, dix-huit chemises, trois douzaines de serviettes, deux doubliers avec le linge et hardes à l'usage de ladite fille, six plats, six assiettes, un pot, une chopine, une salière, le tout d'étain, une bague d'or. Les meubles ont été estimés entre les parties, à la somme de 300 livres.

Robert de Fortescu donna à son frère 30 livres de rente hypothèque à prendre sur feu demoiselle Geneviève Muldrac, sa mère.
Jeanne Le Prévost, "pour la bonne amitié" qu'elle porte à sa fille, a promis de les nourrir du jour de leur mariage, jusqu'à la "foire de Guibré" de l'année prochaine (1666).

Le 5 octobre 1677, Claude Jouenne, femme civilement séparée de biens avec Me Antoine de Fortescu, louait "à pure et irrévocable fieffe" , à Me Christophe Bucaille, avocat, bourgeois de Carentan, une maison "scise en bourgeoisie dans l'enclos de la ville de (Carentan) proche la porte de Hollegatte, qui se consiste en une salle, boutique, celier, chambre, gallerie et les greniers dessus estant, couvert d'ardoise" (231).

Le 17 juin 1686 (232), Antoine de Fortescu faisait remise de cette maison à ses enfants mineurs.




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